Tailler les framboisiers remontants : le guide ultime 2026

Attention : Les conseils de jardinage qui suivent ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Pour tout diagnostic de maladie végétale ou de carence sévère, rapprochez-vous d’un pépiniériste ou d’un technicien agricole. Les pratiques décrites sont issues de l’expérience de terrain et des références de l’INRAE.
Apprendre à tailler un framboisier remontant, c’est s’offrir la maîtrise d’un calendrier de fructification qui s’étire de juin jusqu’aux premières gelées. Contrairement aux variétés non remontantes, ces arbustes fruitiers ont la particularité de produire sur les pousses de l’année précédente, puis sur les nouvelles cannes de la saison en cours. Cette double vague de récolte demande une lecture attentive des tiges et une intervention précise au bon moment. Beaucoup de jardiniers hésitent entre une coupe sévère en hiver et une taille légère en été, par crainte de compromettre la production. Pourtant, quelques gestes simples, calés sur un calendrier rigoureux, suffisent à dynamiser la fructification et à limiter l’encombrement de la touffe. Ce guide détaille chaque étape, depuis l’identification des bois morts jusqu’au rabattage des cannes ayant fructifié, pour obtenir des fruits abondants et savoureux.
Pourquoi tailler son framboisier remontant est nécessaire
Un framboisier remontant non taillé devient rapidement un enchevêtrement de tiges desséchées, de jeunes pousses étiolées et de rameaux âgés qui ne fructifient plus. Cette situation pénalise directement le rendement : les données de terrain montrent qu’un plant mature bien entretenu peut produire entre 2 et 4 kg de fruits par an, tandis qu’une touffe négligée voit sa récolte chuter de moitié. La variété Marastar®, particulièrement productive, atteint jusqu’à 3 kg par pied mature lorsque la taille est maîtrisée.
L’objectif premier de la taille est d’aérer la couronne pour favoriser la pénétration de la lumière et la circulation de l’air. Les framboisiers sont sensibles aux maladies cryptogamiques comme la pourriture grise (Botrytis cinerea) qui prospère dans les atmosphères confinées. En supprimant les bois morts et les tiges trop serrées, on réduit l’humidité stagnante au cœur de la touffe. L’ADEME rappelle d’ailleurs que les pratiques culturales raisonnées, incluant la taille, participent à la réduction de l’usage des produits phytosanitaires au jardin.
La taille permet aussi de réguler la vigueur du plant. Un framboisier remontant émet chaque année de nouvelles pousses depuis ses racines traçantes. Sans intervention, ces drageons s’épuisent mutuellement et produisent des fruits de plus en plus petits. En sélectionnant les cannes les plus vigoureuses et en éliminant les plus faibles, on concentre la sève élaborée vers les bourgeons à fruits. Cette sélection est au cœur de la technique validée par les pépiniéristes spécialisés, comme ceux de la Ferme de Sainte Marthe, qui insistent sur l’importance d’une taille annuelle pour maintenir la productivité des variétés de framboisiers remontants.
Enfin, tailler facilite la récolte. Une touffe bien conduite expose les fruits mûrs, ce qui accélère la cueillette et limite les dégâts sur les tiges voisines. Les jardiniers amateurs qui adoptent une taille régulière constatent une nette amélioration du calibre des framboises, signe que la plante investit son énergie dans moins de fruits, mais de meilleure qualité.
Le calendrier parfait : quand tailler pour deux récoltes
Le cycle de fructification du framboisier remontant impose deux périodes de taille distinctes, chacune répondant à un objectif précis. La première intervient en fin d’hiver, entre février et mars, lorsque les risques de fortes gelées s’éloignent. La seconde se pratique en été, juste après la première vague de récolte, généralement en juin ou début juillet selon les régions. Respecter ce calendrier est la clé pour obtenir à la fois une récolte précoce sur les tiges de l’année passée et une récolte tardive sur les pousses de l’année.
La taille d’hiver est la plus structurante. Elle consiste à nettoyer la touffe en supprimant toutes les cannes sèches, cassées ou ayant déjà fructifié à l’automne précédent. Ces tiges se reconnaissent à leur écorce brune et desséchée, souvent marquée par les restes des inflorescences. On profite de cette intervention pour rabattre au ras du sol les tiges les plus faibles, celles dont le diamètre est inférieur à un crayon. Le Ministère Agriculture souligne l’intérêt de cette pratique dans le cadre de la gestion intégrée des cultures fruitières, car elle limite les refuges pour les ravageurs hivernants.
La taille d’été, quant à elle, est une opération de précision. Dès que les dernières framboises de la récolte de juin sont cueillies, on coupe au ras du sol les tiges qui viennent de fructifier. Ces cannes ne produiront plus et leur suppression immédiate stimule le départ des nouvelles pousses qui porteront la récolte d’automne. Certains jardiniers pressés commettent l’erreur d’attendre l’automne pour cette taille : ils privent alors les jeunes tiges de lumière et d’espace au moment où elles en ont le plus besoin.
Pour les jardiniers qui ne souhaitent qu’une seule récolte, plus abondante, à l’automne, une méthode simplifiée existe : rabattre l’intégralité des tiges au ras du sol en fin d’hiver. Cette technique, validée par les experts en arboriculture fruitière, sacrifie la récolte de juin mais concentre toute la vigueur du plant sur une production automnale souvent spectaculaire. Elle est particulièrement adaptée aux petits jardins où l’on préfère une récolte groupée.
Guide pas à pas : comment tailler son framboisier remontant en hiver
La taille d’hiver se déroule idéalement par une journée sèche, hors période de gel, pour éviter que les plaies de coupe ne gèlent. Avant de commencer, il est nécessaire de désinfecter son sécateur avec de l’alcool à 70° afin de ne pas transmettre de maladies d’un plant à l’autre. On commence par observer la touffe dans son ensemble pour repérer les différentes catégories de tiges.
Les cannes de l’année précédente, qui porteront la récolte de juin, se distinguent par leur écorce lisse et brun clair, encore souple. Elles portent souvent des bourgeons latéraux bien formés. On les conserve précieusement, en se contentant de raccourcir leur extrémité si elle a gelé pendant l’hiver. La coupe se fait juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur de la touffe, pour favoriser un port ouvert.
Les tiges mortes ou ayant fructifié à l’automne sont, elles, coupées au ras du sol, sans laisser de chicot. Un chicot est une porte d’entrée pour les champignons lignivores qui peuvent affaiblir la souche. On profite de cette opération pour éliminer les drageons trop éloignés du pied mère, qui épuisent la plante sans produire de fruits de qualité. La culture du framboisier exige cette discipline pour rester productive.
Voici un tableau comparatif des interventions hivernales selon l’état des tiges :
| Type de tige | Aspect visuel | Action de taille | Objectif |
|---|---|---|---|
| Tige de l’année précédente | Écorce lisse, brun clair, bourgeons latéraux | Conserver, épointer si gel | Récolte de juin |
| Tige ayant fructifié à l’automne | Écorce brune et sèche, restes d’inflorescences | Couper au ras du sol | Éliminer les bois morts |
| Tige faible ou mal placée | Diamètre inférieur à 0,5 cm, croissance horizontale | Couper au ras du sol | Aérer la touffe |
| Drageon éloigné | Pousse à plus de 30 cm du pied mère | Arracher ou couper | Limiter l’expansion |
Après la taille, on conserve environ 10 à 12 tiges vigoureuses par mètre linéaire pour les variétés palissées. Les framboisiers remontants conduits en haie libre supportent une densité un peu plus élevée, mais il ne faut jamais dépasser 15 tiges par mètre, sous peine de voir le feuillage s’étioler et les fruits rester petits. Un bon repère consiste à pouvoir passer la main entre les tiges sans forcer.
La taille d’été en juin : une intervention de précision
Dès que les derniers fruits de la récolte estivale sont cueillis, il faut intervenir sans tarder. Les tiges qui viennent de fructifier sont condamnées : elles ne produiront plus et vont progressivement se dessécher. En les coupant immédiatement au ras du sol, on libère de l’espace pour les jeunes pousses de l’année, qui sont alors en pleine croissance. Ces nouvelles cannes, reconnaissables à leur couleur vert tendre et à leur vigueur, porteront les framboises d’automne.
La coupe doit être nette, réalisée avec un sécateur bien affûté pour ne pas écraser les tissus. On veille à ne pas blesser les jeunes pousses voisines, encore fragiles. Cette taille d’été est aussi l’occasion de supprimer les feuilles jaunissantes à la base des tiges, souvent attaquées par des champignons comme la septoriose. Les déchets de taille ne doivent pas être laissés au pied du framboisier, car ils peuvent héberger des spores prêtes à contaminer les nouvelles pousses. Il est préférable de les évacuer ou de les composter à chaud.
Certains jardiniers profitent de cette intervention pour palisser les nouvelles tiges si la variété le nécessite. Les framboisiers remontants à fort développement, comme ‘Heritage’ ou ‘Zeva’, gagnent à être maintenus par des fils de fer pour éviter que les tiges ne ploient sous le poids des fruits. Le palissage facilite aussi la circulation de l’air, ce qui réduit encore le risque de maladies. Consultez le calendrier de jardinage mensuel pour caler cette opération au bon moment.
Une erreur fréquente consiste à tailler trop tôt, avant que la récolte de juin ne soit totalement terminée. Les dernières framboises mûrissent parfois jusqu’à début juillet en altitude ou en climat frais. Il faut patienter jusqu’à la fin de la fructification pour être certain de ne pas sacrifier des fruits encore en formation. L’observation reste le meilleur guide : tant que des fleurs ou des fruits verts sont présents sur les tiges de l’année précédente, on reporte la taille de quelques jours.
Erreurs fatales à éviter lors de la taille de vos framboisiers
La première erreur, et la plus lourde de conséquences, est de tailler toutes les tiges au ras du sol en hiver alors qu’on souhaite deux récoltes. Cette pratique, parfaitement valable pour une production automnale unique, supprime les cannes qui auraient porté les fruits de juin. Le jardinier se prive alors de la première vague de récolte sans le savoir. Il est impératif de distinguer les tiges de l’année précédente, encore productives, des tiges mortes.
Une autre maladresse courante est l’utilisation d’un sécateur mal affûté. Une coupe qui écrase les tissus végétaux crée une plaie qui cicatrise mal et qui constitue une porte d’entrée pour les maladies. Les framboisiers sont particulièrement sensibles au dépérissement des tiges causé par le champignon Leptosphaeria coniothyrium, qui pénètre par les blessures de taille. Un outil bien entretenu, désinfecté entre chaque plant, est une assurance contre ces problèmes.
La taille trop tardive en été est également préjudiciable. Si l’on attend septembre pour couper les tiges ayant fructifié en juin, les jeunes pousses ont déjà souffert de la concurrence pour la lumière et les nutriments. Elles seront plus grêles et produiront des fruits plus petits. La récolte d’automne s’en trouve diminuée. De même, négliger l’élimination des drageons qui s’éloignent du rang transforme rapidement une framboiseraie ordonnée en un fourré impénétrable, où les fruits sont difficiles à atteindre et où les maladies prospèrent. La taille du cassissier obéit à des principes similaires de limitation de l’expansion.
Enfin, l’oubli de fertiliser après la taille est une erreur qui limite la repousse. Un framboisier remontant puise beaucoup d’éléments minéraux pour produire ses deux récoltes. Sans apport de compost mûr ou d’engrais organique après la taille d’hiver, les nouvelles pousses manquent de vigueur. On observe alors des entre-nœuds longs, des feuilles pâles et une fructification décevante.
Soins post-taille : comment chouchouter vos framboisiers pour une récolte abondante
Une fois la taille terminée, le framboisier entre dans une phase de croissance active qui mobilise ses réserves racinaires. Pour soutenir cet effort, un apport de compost bien décomposé en surface, sur une épaisseur de 3 à 5 cm, fournit les éléments nutritifs nécessaires sans brûler les racines superficielles. Le compost améliore aussi la structure du sol et favorise la vie microbienne, essentielle à la minéralisation de la matière organique.
Le paillage est le deuxième geste majeur après la taille. Une couche de paille, de broyat de branches (BRF) ou de feuilles mortes étalée sur 10 cm d’épaisseur maintient l’humidité du sol, limite la levée des adventices et protège les racines des écarts de température. Les framboisiers sont des plantes de lisière forestière qui apprécient un sol frais et humifère. Le paillage reproduit ces conditions naturelles et évite les arrosages trop fréquents. Pour en savoir plus sur l’amélioration de la fertilité du sol, consultez notre guide sur les engrais verts au potager.
L’arrosage doit être régulier mais sans excès, surtout pendant la formation des fruits. Un stress hydrique à ce stade provoque l’avortement des fleurs ou la formation de fruits petits et secs. Un goutte-à-goutte installé sous le paillage est la solution la plus efficace pour maintenir une humidité constante sans mouiller le feuillage, ce qui limite les attaques de botrytis. En période de forte chaleur, un arrosage tous les deux jours peut être nécessaire.
La surveillance sanitaire fait aussi partie des soins post-taille. On inspecte régulièrement les jeunes pousses pour détecter les premiers signes de carence (jaunissement des feuilles, nervures vertes) ou d’attaque de ravageurs comme le ver des framboises (Byturus tomentosus). Une intervention précoce avec des purins végétaux d’ortie ou de prêle renforce les défenses naturelles des plantes. Ces traitements préventifs, appliqués en pulvérisation foliaire tous les 15 jours, réduisent la pression des maladies sans recourir à des produits de synthèse.
Questions fréquentes
Quand tailler les framboisiers remontants pour la première fois après la plantation ?
La première taille intervient l’hiver suivant la plantation. On rabat toutes les tiges à 30 cm du sol pour favoriser l’enracinement et le départ de nouvelles pousses vigoureuses depuis la souche. Cette taille de formation sacrifie la première récolte mais assure l’avenir du plant.
Peut-on tailler un framboisier remontant en automne ?
Il est déconseillé de tailler sévèrement en automne, car les plaies de coupe n’auront pas le temps de cicatriser avant les gelées. On peut toutefois supprimer les tiges manifestement mortes ou cassées. La taille de structure se fait en fin d’hiver, et la taille d’été après la récolte de juin.
Comment reconnaître une tige qui a déjà fructifié ?
Une tige ayant fructifié porte les restes desséchés des pédoncules floraux à son extrémité et sur ses ramifications latérales. Son écorce est brune, parfois striée, et elle se casse facilement à la main. Les tiges encore productives ont une écorce lisse et des bourgeons latéraux bien formés.
Faut-il tailler les framboisiers remontants en pot ?
Oui, la taille des framboisiers en pot obéit aux mêmes règles qu’en pleine terre. On veille simplement à limiter le nombre de tiges à 5 ou 6 par pot de 40 cm de diamètre pour éviter l’épuisement du substrat. Un rempotage tous les deux ans avec un terreau riche complète la taille.
Que faire des tiges coupées ?
Les tiges saines peuvent être broyées et utilisées en paillage après un compostage de quelques mois. Les tiges malades (taches noires, chancres) doivent être évacuées ou brûlées pour éviter la propagation des pathogènes. Ne jamais laisser les déchets de taille au pied des framboisiers.
La taille peut-elle guérir un framboisier malade ?
La taille permet d’éliminer les parties atteintes et d’aérer la touffe, ce qui freine la progression des maladies. Mais elle ne suffit pas à guérir une infection systémique. En cas de dépérissement généralisé, il est préférable d’arracher le plant et de ne pas replanter de framboisier au même endroit pendant plusieurs années.
Conclusion
Maîtriser la taille du framboisier remontant, c’est s’assurer des récoltes généreuses et régulières, année après année. En distinguant les tiges de l’année précédente des cannes ayant déjà fructifié, en intervenant au bon moment avec des outils propres, le jardinier optimise la production de sa framboiseraie. Les soins post-taille, comme le paillage et la fertilisation organique, complètent ces gestes pour maintenir des plants vigoureux. Chaque variété réagit un peu différemment aux interventions : n’hésitez pas à consulter un pépiniériste spécialisé pour adapter ces conseils à votre situation. Pour toute difficulté persistante ou symptôme inquiétant, prenez contact avec un technicien arboricole de votre région.
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