Matière sèche, pH, rétention d’eau

Techniques jardinage

Matière sèche, pH, rétention d’eau : ce que l’étiquette vous apprend

Matière sèche, pH, rétention d’eau : ce que l’étiquette vous apprend

Un sac de 20 kg peut contenir 13 kg de matière sèche ou seulement 7 kg, selon ce que son étiquette affiche. Le poids ne raconte donc pas toute l’histoire du terreau. Pour choisir sans se laisser guider par la seule promesse en façade, nous regardons d’abord les lignes techniques.

La norme française NF U 44-551 encadre la commercialisation des terreaux et impose un étiquetage contrôlé. Matière sèche, matière organique, conductivité électrique, capacité de rétention en eau et pH y donnent des repères concrets. Vous pouvez les lire comme une petite carte d’identité du contenu du sac.

50 % de matière sèche : que contient vraiment le sac ?

La matière sèche en masse sur produit brut s’exprime en pourcentage. Lorsqu’un terreau affiche 50 %, la moitié de son poids correspond à des solides ; l’autre moitié correspond à l’eau et à l’air. Ce chiffre évite de comparer deux sacs comme s’ils avaient la même composition parce qu’ils se ressemblent.

Dans les exemples fournis, un sac de 20 kg à 65 % de matière sèche renferme 13 kg de matières sèches et 7 kg d’eau. Avec 35 %, le même poids de sac correspond à 7 kg de matières sèches et 13 kg d’eau. Deux emballages de même masse peuvent donner une impression bien différente à l’ouverture.

Quelle plage lire selon l’usage prévu ?

Pour un terreau universel, la plage représentative annoncée va de 40 % à 60 %. Un produit spécial semis se situe entre 30 % et 50 %, tandis qu’un terreau pour plantes méditerranéennes se place entre 50 % et 70 %. Ces écarts correspondent à des usages distincts, donc mieux vaut comparer des sacs prévus pour le même emploi.

Nous évitons de chercher un pourcentage isolé qui gagnerait à tous les coups. Une valeur se lit avec la destination affichée sur le sac et avec les autres indicateurs. Vous aurez une comparaison plus juste entre deux terreaux universels qu’entre un terreau universel et un mélange pour semis.

La matière organique distingue un mélange maigre d’un sac très chargé

La matière organique est donnée en pourcentage de masse sur produit sec. Un terreau pauvre en matière organique en contient moins de 20 %, alors qu’un produit trop riche dépasse 80 %. Entre ces deux seuils, l’étiquette permet déjà de situer le mélange sans deviner à sa couleur.

Les plages représentatives changent là encore selon l’usage. Un universel indique de 30 % à 50 %, un terreau bio de 50 % à 70 %, et un terreau de semis de 20 % à 40 %. Un sac pour semis est présenté avec une proportion différente d’un produit bio.

Cette ligne mérite d’être lue avec celle de la matière sèche. Elles portent sur des bases différentes : l’une concerne le produit brut, l’autre le produit sec. Les confondre conduit à comparer des pourcentages qui ne répondent pas à la même question.

Conductivité : les unités font vite perdre le fil

La conductivité électrique s’exprime en mS/cm ou en µS/cm. Une valeur de 1 mS/cm équivaut à 1 000 µS/cm. Sur les sacs, elle est généralement indiquée en mS/m, ce qui oblige à regarder l’unité avant de tirer une conclusion.

1 mS/m = 0,01 mS/cm. Une conductivité inférieure à 0,5 mS/cm est présentée comme faible ; au-dessus de 2 mS/cm, elle est présentée comme élevée. Vous ne devriez jamais comparer deux nombres sans vérifier d’abord s’ils utilisent la même unité.

Nous gardons cette prudence au moment de lire la face arrière du sac : un chiffre seul peut paraître très différent alors que l’écriture de l’unité change. La conductivité fait partie des indicateurs contrôlés que vous pouvez mettre en regard du type de terreau choisi.

Rétention d’eau et pH : deux lignes à ne pas laisser de côté

La capacité de rétention en eau figure parmi les indicateurs de l’étiquette, au même titre que le pH. Elle renseigne directement sur la place accordée à l’eau dans la description du produit. Vous gagnerez à la lire avant de vous arrêter au seul volume annoncé.

Le pH apparaît lui aussi sur cette carte d’identité réglementée. Les faits disponibles ne donnent pas de plage à privilégier pour chaque culture, alors nous ne vous en inventerons pas une. L’intérêt est de prendre l’habitude de regarder cette ligne avec la matière sèche, la matière organique et la conductivité.

Un sac de terreau ne se choisit pas sur un mot séduisant ou sur une photo de plants bien verts. Son étiquette met plusieurs mesures côte à côte ; leur lecture ensemble rend la comparaison utile. Vous aurez alors un critère plus solide que l’impression laissée par l’emballage.

4,50 € ou 19,99 € : le prix ne remplace pas les chiffres

Un terreau universel basique est indiqué à 4,50 € les 50 litres. Un terreau horticole est affiché à 19,99 € les 70 litres. L’écart attire l’œil, mais il ne dit pas à lui seul ce que contient chaque sac.

Nous préférons retourner l’emballage avant de trancher. Vous pouvez confronter le prix à la matière sèche, à la matière organique, à la conductivité, à la rétention d’eau et au pH, sans réduire le choix à une étiquette promotionnelle. C’est moins spectaculaire, mais bien plus lisible.

Au moment d’acheter, prenez quelques secondes pour lire les petites lignes. Un pourcentage de matière sèche, une unité de conductivité ou une plage de matière organique racontent davantage que la couleur du sac. Vous choisirez ainsi un terreau pour son usage annoncé, pas pour une promesse imprimée en grand.

Ce guide fait partie du dossier Techniques jardinage.

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