Compostage maison : quelles epluchures, ratio vert/brun et duree
Compostage maison : quelles epluchures, ratio vert/brun et duree

Le compostage maison est une pratique que j’utilise depuis plus de quinze ans dans mon potager en Normandie. Quand j’ai commencé, je mettais tout en vrac sans logique, et le résultat était décevant: un tas humide, odorant, qui ne se décomposait pas. Aujourd’hui, je obtains un compost mûr en 6 à 9 mois grâce à quelques principes simples. La question que je reçois le plus souvent est: quelles épluchures mettre? Quel ratio entre matières vertes et brunes? Et combien de temps faut-il attendre? Je vais répondre à chacune de ces questions avec des chiffres concrets, ceux que j’utilise au quotidien. Ces informations valent pour le climat de la France métropolitaine, des gelées tardives du Limousin aux hivers doux de la façade atlantique.
Quelles épluchures et déchets verts pour le compost?
Les matières vertes sont tout ce qui est humide, azoté et qui se décompose rapidement. En cuisine, récupérez systématiquement les épluchures de légumes et fruits: peaux de pommes de terre, trognons de choux, fanes de carrots, pelures de tomates et de concombres, marc de café, filtres à café papier, sachets de thé. En jardin, ajoutez l’herbe tondue (en couche fine), les feuilles de rhubarbe, les tailles fraîches de basilic ou de menthe.
Attention à certains déchets à éviter ou limiter: les agrumes (citrons, oranges) en grande quantité acidifient le tas; les oignons et ails crus peuvent repousser certains vers; les restes de viande ou poisson attirent les rats si le compost n’est pas assez chaud. Je les évite complètement. Les herbes traitées chimiquement doivent maturité attendre 6 semaines après le traitement avant d’entrer au tas.
Les apports bruns: quoi ajouter et pourquoi?
Les matières brunes sont sèches, carbonées et structurantes. Elles apportent le carbone qui équilibrera l’azote des verts et garantira une bonne aération. Ma est simple: paille, feuilles mortes, carton non imprimé, copeaux de bois, sciure brute. Le carton est particulièrement efficace: je déchire les rouleaux de papier essuie-tout et les emballages en morceaux de 5-10 cm.
En automne, je constitue un stock de feuilles mortes que je stocke au sec. Elles représentent 40 % de mes apports bruns sur l’année. Les tailles broyées des arbustes et haies fonctionnent aussi très bien. Évitez les feuilles de noyer (juglone) en grande quantité et les-residus de taille de conifères acidifiants.
Le ratio vert/brun en pratique: 1 pour 3
La règle classique est 1/3 de vert pour 2/3 de brun, soit un ratio en volume. En poids, c’est différent car les matières humides pèsent plus lourd. Au potager, je raisonne en volume: pour chaque pellet de déchets de cuisine (environ 5 litres), j’ajoute deux pellet de feuilles ou de carton. Quand mon tas sente mauvais (trop d’azote), j’ajoute immédiatement une couche de 10 cm de brun. Quand il ne se réchauffe pas (manque d’azote), j’incorpore un seau d’herbe tondue.
Le test de l’humidité: prenez une poignée de compost et serrez. Ça doit être humide comme une éponge essorée, mais ne pas goutter. Si ça coule, trop humide → ajout de brun. Si ça s’effrite seco, manque d’humidité → arrosez légèrement ou ajoutez des verts.
Mon processus de compostage étape par étape
Voici comment je procède pour obtenir un compost mûr en moins d’un an:
- Choix de l’emplacement: un coin mi-ombre, protégé du vent sec, près du potager. J’évite le plein soleil qui dessèche et le plein ombre qui freine la décomposition.
- Couche de fond: je commence par des branchages grossiers de 5-10 cm ( taille de haies) pour assurer le drainage et l’aération. Hauteur: 15-20 cm.
- Alternance des couches: je superpose 10-15 cm de brun, puis 5 cm de vert. Je répète jusqu’à atteindre 1 mètre cube minimum (en dessous, le tas peine à monter en température).
- Tournage du tas: toutes les 3-4 semaines, je retourne le tas avec une fourche en mélangeant les bords vers le centre. Ça ré-aère et relance la activité biologique.
- Contrôle de l’humidité: après chaque pluie importante, je vérifie et ajuste. Un bon compost doit être humide mais pas détrempé.
- Maturation: quand le tas a réduit de moitié et que la matière est sombre, grumeleuse et odorante de terre de forêt, c’est prêt. Tamisage final pour éliminer les éléments pas assez décomposés.
Durée de compostage: 6 à 9 mois en conditions réelles
Dans mon expérience en zone 7b-8a (Normandie interiorieure), mon compost est mûr en 6 à 9 mois avec cette méthode. Le temps varie selon plusieurs facteurs:
- Saison: en été, la décomposition s’accélère (3-4 mois si le tas est actif). En hiver, tout ralentit, comptez 8-12 mois pour un cycle complet.
- Granularité: plus les éléments sont découpés fins, plus vite ils se décomposent. Je hache les épluchures et déchiquette le carton.
- Température: le compostage actif nécessite 40-65°C pendant les premières semaines. En zone montagneuse ou nord (gelées fréquentes), prévoyez 2-3 mois de plus.
- Rapport C/N: un ratio équilibré (25-30:1) garantit une décomposition rapide. Trop de brun = tempos lent. Trop de vert = odeurs et acidity.
Le compost jeune (1-2 mois) peut être utilisé comme paillis mais n’est pas assez stable pour être incorpore au sol. Attendez la maturité pour un amendement complet.
Questions fréquentes
Peut-on composter les épluchures d’agrumes?
Oui, mais avec modération. Les pelures de citrons et oranges se décomposent lentement et acidifient le tas. Je n’en mets pas plus de 10 % du volume total de verts. Si vous avez beaucoup d’agrumes, séchez-les d’abord ou distribute-les en petites quantités sur plusieurs semaines.
Le compost sent mauvais, que faire?
Une odeur ammoniacale indique un excès d’azote (trop de verts). Ajoutez immédiatement 10-15 cm de matières brunes (feuilles, carton, paille) et tournez le tas. Une odeur de putréfaction montre un manque d’aération ou trop d’humidité: retournez et ajout de brun absorbant. Si ça sent la moisissure, c’est normal en début de processus, ça disparaît au retournement.
Faut-il couvrir le tas de compost?
Un couvercle n’est pas obligatoire mais recommandé. Il protège le tas de la pluie excessive qui le détrempe et préserve l’humidité en période sèche. J’utilise une bâche perforée ou quelques planches. En zone 9b (sud-ouest), un couvert limite aussi l’évaporation. Sans couvert, surveillez plus fréquement l’humidité.
Quand savoir que le compost est prêt?
Le compost mûr présente plusieurs signes: odeur de terre de forêt, couleur sombre (brun-noir), texture grumeleuse et friable, structure fibreuse mais plus reconnaissable des aliments d’origine. Il ne contient plus de Restes identifiable. Je teste en plaçant un semis de radis dessus: si ils germent en 5-7 jours sans brûlure, le compost est stable et prêt.
En résumé
Le compostage maison repose sur trois piliers: variété des apports (épluchures, herbe, feuilles), alternance vert/brun (1 pour 3 en volume), et retournement régulier toutes les 3-4 semaines. Avec ces gestes, vous ottenerez un amendement de qualité en 6 à 9 mois selon la saison et votre climat. Pas besoin de matériel sophistiqué: un coin de jardin, une fourche et un peu de bon sens suffisent. Votre sol vous remerciera.